PrimaLuna®
ProLogue One


Les Délices de la Haute Fidélité à Tubes et les Joies de l’Audiophilie sont récemment devenus abordables

Prologue

Je suis un de ces enthousiastes de la haute fidélité qui a toujours bavé devant les Jadis, les Cary, les Conrad Johnson et les Unison Research de ce monde (juste pour mentionner une poignée) sans pour autant avoir le courage de passer à l’acte. Souvent, chez mes revendeurs de hifi, j’écoutais d’une oreille pleine d’envie certains de ces excellents amplis à tubes mais je terminais toujours par choisir la voie sûre en investissant mon budget audio dans des produits à transistors. Après plusieurs années d’améliorations, d’échanges et de chipotages je suis actuellement le propriétaire d’un ensemble d’excellents appareils et accessoires de Theta, Krell, Transparent et Sonus Faber (je ne vous fais pas dire où tout cela a été acheté). Même dans ma pièce d’écoute de taille moyenne et avec une acoustique assez vive ma chaîne a un son vraiment très bon et donc, avant de me lancer complètement dans un système multi-canal 5.1 avec SACD et DVD Audio, je déguste jusqu’à nouvel ordre ma musique en stéréo de grande qualité.

Juste avant la visite de Rob Wilms du HifiWinkel à Beek (Pays Bas) à mon domicile pour l’installation de mon nouveau tourne-disque, Herman de Durob Audio m’avait fait une proposition que je ne pouvais guère refuser. Il faut savoir que Herman est non seulement un des « architectes » de ma chaîne (l’autre s’appelle évidemment Ken Kessler ……), mais il connaît aussi mon appétit pour les bons produits de high-end, surtout ceux qui ont un score élevé dans la catégorie rapport qualité-prix. Donc, il a envoyé Rob chez moi avec le tourne-disque en ajoutant, en tant que bonus, un invité spécial et, comme il s’est avéré, extrêmement charmant et hautement agréable tout en me demandant de bien l’écouter et de noter mes impressions. L’invité n’était autre que le spectaculaire nouveau-arrivé dans la gamme croissante de produits à prix abordables qui sont développés et distribués par Durob sous leurs diverses marques maison : le PrimaLuna ProLogue One.

Quel nom sexy ! Ceux qui ont vu et entendu cet appareil seront d’accord avec moi que le nom n’est pas l’unique côté sexy de cet amplificateur à tubes intégré extrêmement attractif, suave et brillant. A part le nom, le look, la qualité de fabrication, la facilité d’utilisation et la fiabilité, les vrais éléments critiques de n’importe quel amplificateur sont, à mon avis, sa qualité sonore (dans le contexte relevant) et son prix. Je peux vous confirmer que, en ce qui concerne le PrimaLuna ProLogue One, ces deux derniers sont aussi sexy que le nom.

Durob se vante que cet amplificateur offre un son sensationnel pour un prix sensationnellement bas. Dans le monde de la haute fidélité ce genre de revendications est monnaie courante. De temps en temps je rends visite à l’un de mes revendeurs et je leur demande après « le parfum du mois » et trop souvent l’on tombe sur ce qui va être présenté comme une « affaire superbe ». Malheureusement, la dure vérité est que dans quasi tous les cas vous recevrez exactement ce que vous avez payé, rien de plus et souvent même moins. Les agréables surprises sont effectivement très rares. Cela étant dit, je peux vous confirmer immédiatement que le ProLogue One est une grande exception à cette règle. Elle joue les étoiles du ciel pour un prix qui, à mon humble opinion, brise le plancher dans le sens le plus positif du terme. Curieux? Continuez!

Monologue

Je viens de passer deux semaines délicieuses avec ce bébé à tubes intégré au sein de ma chaîne relativement exigeante. Pour quelques images et une description sommaire de ses aspects principaux je vous conseille de visiter le site Internet www.hifi-notes.com, où vous lirez le suivant : « Cet amplificateur intégré de 15 kilo (29cm large x 38 cm profond x 20 cm haut) avec une puissance de 35 Watt (sur 8 Ohm) contient des parts de grande qualité, inclus son câblage (absence de plaques pc imprimées). Les tubes suivants sont utilisés : 2 x 12AU7, 2 x AX7 pour la pré-amplification et 4 x EL34 en mode push-pull pour les stages de puissance. L’amplificateur a quatre entrés ligne et des sorties multi-formats.

Je n’ai pas inspecté les entrailles de la machine mais je fais totalement confiance à ceux qui l’ont fait et ils ont tous confirmé ce que dit le site Internet concernant le câblage interne qui est sensé être d’excellente qualité. L’ampli est bien emballé dans une double boîte en carton très solide contenant, en plus, un câble secteur et – détail très charmant – une paire de gants en coton blanc. Sur la plaque frontale en aluminium brossé noir et d’une épaisseur de 1 cm on trouve le bouton de sélection des sources à droite, le bouton de volume à gauche (il n’y a pas de télécommande) et la petite lampe témoin bleue au milieu. Une cage protectrice de métal bleu-noir couvre les tubes. Les transformateurs sont également protégés par un couvercle en métal.

L’installation et la mise en marche sont simples. Dévissez les quatre vis de la cage à tubes (utilisez un tournevis magnétique car les vis sont petits et deux d’entre eux ne sont pas facile à atteindre) ; enlevez la feuille de mousse plastique blanche qui couvre les tubes, connectez les sources et les haut-parleurs (note 1 : il y a deux branchements alternatifs pour les haut-parleurs : 8Ohm ou 4Ohm. Vérifiez donc d’abord l’impédance de vos haut-parleurs. Note 2 : les connecteurs pour haut-parleurs marchent très bien avec du fil nu, des fiches banane ou des larges fourches, mais les fourches de mes câbles Transparent étaient trop étroites et j’ai donc du utiliser des fiches banane vissables plaqués or de chez Monster) et allumez la machine. Le bouton marche-arrêt se trouve sur le côté gauche de l’ampli, pas visible de devant, mais très facile d’accès.

Le PrimaLuna m’invitait à donner le traitement de luxe complet. Je l’ai donc placé sur une table pour amplificateurs spéciale SolidSteel, j’ai placé trois Nordost Pulsar Points sous l’ampli pour un découplage encore plus poussé et j’ai branché un câble secteur Tice Infinite Speed (le câble secteur fourni avec l’ampli étant un chouia trop court dans mon cas, car le PrimaLuna avait reçu une place d’honneur en plein milieu de ma pièce d’écoute). Malgré sa puissance officielle de 35 Watt sur 8Ohm (ce qui représente à peine 14% de la puissance de sortie de mon ampli de référence, le Theta Dreadnaught) et l’idée reçue que les Sonus Faber Guarneri avec leur sensibilité de 86-87dB ont besoin de beaucoup de puissance pour bien fonctionner, j’ai néanmoins utilisé ces haut-parleurs magnifiques pour mon évaluation du PrimaLuna. Les câbles haut-parleurs étaient les excellents Transparent Music Wave Super Bicable. Mon lecteur/convertisseur Theta Data Basic II / DS Pro Basic IIIa et la platine Michell TechnoDec + pré-ampli phono AH! fraîchement installée étaient connectés au PrimaLuna par une paire de câbles single-ended Transparent Ultra de 2m40. Mes sessions d’écoute critique ont commencé après 100-120 heures de rodage.

La première chose qui m’a frappé avec cet intégré était son volume sonore élevé et son caractère sonore ‘propre’ et d’une grande clarté, sans pour autant avoir un aspect clinique ou maigre. Il faut avouer que le convertisseur Theta a une puissance de sortie de 3,5-4 Volt RMS en single-ended (en symétrique c’est même plutôt 8 Volt !), mais j’avais exactement la même impression avec la platine/pré-ampli phono. Malgré la sensibilité pas très élevée des Guarneri, le ProLogue One produisait un volume sonore plus que réaliste dans ma pièce d’écoute de 3m80 sur 5m40, alors que le bouton de volume ne dépassait même pas 9 heures ! L’ampli reproduisait n’importe quel genre de musique sans distorsion et de façon transparente. De l’album vinyle Meteora de Linkin Park (meilleure qualité sonore que le CD !), ce qui nous éloigne dramatiquement des douces chansons enfantines, le CD très dynamique de Reference Recordings (HDCD Sampler 2), le Jazz At The Pawnshop très connu avec tous ces petits détails sonores du club de jazz et son image potentiellement profonde jusqu’aux aspects différents de la voix remarquable de Patricia Barber, tout était rendu avec verve et talent par ce grand petit intégré.

Il me paraissait que les tubes ajoutaient le nécessaire en chaleur humaine (juste assez, pas trop) et ils ont du jouer un rôle clé dans la création sa large scène sonore. La reproduction sonore s’étendait au-delà des haut-parleurs, surtout en profondeur et en largeur. Les haut-parleurs de Sonus Faber sont connus pour leur capacité de disparaître, mais selon mon expérience ce résultat est uniquement obtenu après un processus subtil de placement et avec des bons maillons en amont. Or, cette fois-ci je n’ai pas déplacé mes enceintes d’un centimètre. J’ai juste branché l’ampli, mis la musique et le tour était joué. Les Guarneri disparaissaient. La scène sonore était large, assez profonde et placée relativement vers l’arrière (donc pas trop mise en avant).

Ce qu’il m’a également frappé c’est l’air autour des instruments et les voix, ainsi que la présentation des détails. Il y a des appareils qui vous font entendre chaque infime petit détail, mais ces détails sont tellement mis en avant que la présentation globale perd sa cohérence et la musique ne ressort pas comme il faut. Avec le PrimaLuna j’entendais vraiment tous les détails que je pouvais me souhaiter (parfois il me semblait que j’entendais même plus qu’à travers mon système de référence qui est presque douze fois plus cher que le PrimaLuna - ou est-ce que les choses étaient juste présentées de façon différente ?). Quoi qu’il en soit, contrairement à la majorité des systèmes MidFi, les détails étaient là de façon transparente et naturelle sans être brutalement balancés en avant.

Est-ce que le ProLogue One a une préférence pour un genre musical spécifique ? Je ne le crois pas et c’est bien cela qui en fait, à mon avis, un vrai produit solidement high-end d’un niveau bien au-dessus des modèles d’entrée. Je suis tout à fait conscient qu’il existe plein de produits à tubes qui bâteront le ProLogue One dans certains domaines. Toujours est-il qu’ils coûteront considérablement plus cher et, comme j’ai souvent pu le constater, ces produits high-end d’élite excellent avec certains genres de musique bien enregistrés (traditionnellement des voix féminines, des petits ensembles de jazz, musique de chambre, etc.), mais faillent dramatiquement quand il s’agit de reproduire un choix beaucoup plus large en termes de genre musicale et qualité d’enregistrement. Cet ampli m’a toujours procuré énormément de plaisir et n’a jamais vraiment provoqué de sentiment de frustration. Pour moi, le plaisir et la possibilité de jouer une grande variété de musique sont deux des éléments les plus importants dans mon hobby de high-end.

Au sujet du ProLogue One, le seul petit point faible que j’ai pu trouver concerne une performance pas tout à fait parfaite dans les registres bas et ultra bas. Il se peut que cela soit du, partiellement, au Guarneri, qui demandent un certain contrôle dans les graves. Toujours est-il que cette légère faiblesse dans les graves (a) ne voile un aucun cas le medium et le haut du spectre sonore, donc les détails, comme je l’ai déjà dit avant, ressortent parfaitement bien et (b) n’a aucun effet négatif sur le rythme et la rapidité avec lesquels cet amplificateur reproduit la musique. Je ne recommanderais probablement pas aux propriétaires d’enceintes très difficiles et qui préfèrent les grands concertos d’orgue et/ou la musique de type ‘house’ et ‘heavy metal’ à des niveaux sonores à faire écrouler les murs et les plafonds d’investir dans cet amplificateur. Ceci dit, les mecs de Linkin Park, que je faisais jouer leurs morceaux à travers le ProLogue One chantaient assez fort pour créer une légère fébrilité du côté de mes voisins sans jamais donner l’impression que quelqu’un avait subtilisé leur guitare de basse et leur batterie avant l’enregistrement de l’album. La conclusion est que ceci est un amplificateur que je n’hésiterais pas à recommander à n’importe quel ami, collègue ou membre de la famille, candidat audiophile ou pas, qui est à la recherche d’un nouvel amplificateur ou d’une amélioration de sa chaîne actuelle (ce que j’ai d’ailleurs déjà fait).

Chaque personne qui investit le très raisonnable montant de 950 Euros dans un ProLogue One est sûr de pouvoir profiter autant de la reproduction du dernier album SACD de Sara K. (Chesky) que d’un vieux vinyle de Deep Purple’s Made in Japan (c’est de toute façon mon cas), car la qualité sonore sera toujours meilleure et la musique plus engageante et satisfaisante que quand elle est reproduite par un système composé de produits de masse. Le simple fait que le ProLogue One était parfaitement capable de faire chanter les Guarneri, malgré leur caractère relativement difficile et exigeante, et de faire de sorte qu’elles se montraient de leur meilleur côté me laisse convaincu que ce petit miracle à prix modeste aura rapidement un large groupe de fans.

Justement, son prix démocratique sera fort probablement l’argument décisif pour un large groupe de candidats audiophiles indécis, qui adoreraient faire ce grand pas et passer au niveau supérieur, mais qui sont découragés par les prix souvent excessifs. Durob Audio, avec son expérience le longue date dans ce domaine, avec son excellente équipe de techniciens, sans mentionner son service après-vente exemplaire, semble avoir trouvé un trou dans le marché. Je les félicite d’avoir pro-activement rempli ce trou avec un produit de grande qualité sonore tout à fait abordable.

Epilogue

Quelqu’un qui se procure un ProLogue One aujourd’hui développera, grâce aux grandes qualités de ce produit, à mon avis, fort probablement un goût pour le hobby du high-end. Il y a dix ans, je commençais mon hobby en achetant un simple lecteur de CD de Marantz doté d’une sortie numérique. A cette époque, une entreprise qui s’appelait Audio Alchemy produisait des convertisseurs numérique/analogue tout à fait abordables. J’ai acheté le fameux DDE V1.0, ce qui a sans aucun doute amélioré le son de mon lecteur de CD et, par conséquence mon plaisir musical. Depuis, encouragé par cet investissement relativement modeste mais hautement satisfaisant, j’ai donné beaucoup d’argent aux producteurs et revendeurs de produits high-end, tout en gardant un œil très critique sur le rapport qualité/prix et toujours avec l’objectif d’améliorer la performance de mon système. J’ai toute confiance que, si Durob et ses revendeurs gardent leur vision de long terme par rapport au développement et commercialisation de produits high-end, nombreux audiophiles possédant en 2013 des super systèmes de grande valeur diront, avec un regard légèrement nostalgique : « Tout çà a commencé quand, il y a dix ans, j’ai acheté cette superbe machine à tubes abordable et sexy nommée PrimaLuna ProLogue One ……… ».

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Bijgewerkt op: december 26, 2003